(Photo David Raynal)
Plantec, c’est au départ deux frères, Yannick et Odran. Comment le groupe s’est-il enrichi par la suite ?
Yannick Plantec : Je suis guitariste et mon frère Odran Plantec, avec lequel j’ai toujours vécu, est au départ talabarder*. Très vite, nous nous sommes mis à jouer ensemble dans un esprit de fusion. Nous avons commencé à faire pas mal de dates en Bretagne en appelant au hasard les organisateurs de concerts. Puis nous avons rencontré Nicolas Le Millier, originaire de Gourin qui pratiquait le biniou. Enfin, Christophe Hellec, de Pontivy, nous a rejoint très peu de temps après en tant que bassiste. Nous avons tourné comme cela pendant environ six mois. Puis, nous avons fini par sortir un premier album Reverzhi (grandes marées en breton), en 2004.
Quelles ont été les grandes phases d’évolution du groupe ?
Sur Reverzhi, nous avions opté pour la combinaison biniou-bombarde-guitare basse. Il s’agissait d’un mélange entre mes compositions et celles de mon frère sur une rythmique un peu plus rock, du moins dans l’interprétation. Après cet album, nous avons eu envie d’évoluer vers de nouveaux paysages sonores. Nous avons eu la chance de rencontrer M-kanik (Marc Gauvin) qui a travaillé avec Kohann et Jim Barr, le bassiste de Portishead mais aussi Roni Size qui est un petit peu le pape de la drum'n'bass. C’est avec lui que nous avons réalisé « Androïde » qui est le premier morceau de l’album.
Plantec est-il avant tout un groupe de fest-noz, voire de « festnozhard », comme le disait dernièrement l’un de nos confrères du Télégramme ?
Pour nous, il est très important de faire de la musique bretonne quelque chose de vivant et d’actuel. En ce sens, la musique de fest-noz ne doit pas déroger à la règle. Plantec est un mélange de pleins de styles et d’influences différents prioritairement destinés à la danse. Et c’est bien comme cela que le public identifie notre musique aujourd’hui.
(Photo David Raynal)
Qu’est-ce qui vous donné l’envie d’intégrer du chant sur A-roak, votre dernier album ?
En 2006, nous venions tout juste de sortir l’album éponyme Plantec qui s’est depuis écoulé à plus de 10 000 exemplaires. Nous jouions au Festival Interceltique de Lorient et notre producteur, Eric Basset, nous a suggéré d’enchaîner avec un album qui intégrerait du chant. A vrai dire, j’avais déjà chanté sur l’un des titres de l’album intitulé «Tant d’aime» et nous avions envie d’aller plus loin dans ce rapport musique et voix. Nous avons donc contacté un chanteur du centre Bretagne, mais nous n’avons jamais réussi à nous rencontrer. Le temps passait, et Louise Ebrel nous a alors parlé d’un jeune chanteur, Maël Lhopiteau, qui faisait les remplacements d’Iffig Flatrès, son talentueux compère. Je l’ai appelé et lui ai expliqué notre démarche qui consistait à reprendre des airs traditionnels et de les réadapter à notre manière. Ensuite, les répétitions ont commencé et cela a évidemment merveilleusement collé.
Quelle est la part de traditionnels et de créations dans vos albums ?
Auparavant, nous ne faisions que des compositions. Mais sur le dernier album, nous nous sommes aussi inspirés de traditionnels. Pour cela, nous avons décidé de collecter des airs à Dastum*. C’est un album plus électrique dont les thèmes se rapprochent désormais de la tradition.
Venez-vous tous de la musique traditionnelle ?
Non pas du tout. Christophe vient du jazz de la soul et de la funk, Nico au biniou, est évidemment issu d’un milieu plus traditionnel. Il a fait partie du bagad de Quimperlé et a longtemps joué au sein du groupe de fest-noz Difframa. Mon frère, a pris des cours avec Ronan Le Gourrierec, un excellent sonneur. J’ai fait du rock et joué avec mon frangin dans divers groupes dont Displann. Nous avons vraiment tous des horizons très variés.
(Photo David Raynal)
Vous avez commencé à deux, vous êtes désormais six. Peut-on imaginer que le groupe grandisse encore ?
Je n’en sais rien, mais ce qui est sûr c’est que sommes devenus très polyvalents. Marc s’occupe des machines, mais il joue aussi de la guitare et il chante. Nicolas jouait uniquement du biniou il y a trois ou quatre ans et il s’est mis à la flûte et au Uilean Pipe. Maël est chanteur mais il est également harpiste. Mon frère est enfin sonneur traditionnel mais il intègre aussi le shennaï, une sorte de bombarde indienne. En ce qui me concerne, je joue de la guitare électrique et acoustique. Désormais, les possibilités sont assez larges et c’est ce que nous allons continuer à développer dans l’avenir.
Site officiel du groupe
*Talabarder : sonneur de bombarde
*Dastum : association de collectage et de diffusion de la culture populaire bretonne
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( 3 / 865 )Peintre de l’instant , Michel Costiou exerce depuis de nombreuses années son étonnante sensibilité au service des plus grandes manifestations artistiques de Bretagne et du monde. Depuis 1985, ce peintre discret et appliqué, auteur de Celtigraphies, un remarquable recueil de dessins à l’encre de Chine sur la danse bretonne, travaille avec une extraordinaire vitalité sur toutes les formes d'expressions humaines, danse, cirque, opéra, sport. Ses reportages graphiques en immersion et sur le vif, souvent dans la pénombre, lui ont valu d’acquérir une maîtrise incontestée du trait, désormais internationalement reconnue.

(Photos David Raynal)
Artiste breton résolument ouvert et protéiforme, Michel Costiou vient de signer les deux premiers volumes d’une collection de dessins intitulée « La vie en mouvement » aux éditions iDLivre. Pour la deuxième fois de sa carrière, il appose également sa griffe sur la dernière collection du plus prestigieux faïencier de Quimper HB-Henriot. Après Paris, le maître du mouvement a décidé de revenir aux sources de son inspiration et d’ouvrir en 2007 un deuxième lieu de création à Concarneau. Il y présentera l’universalité de son geste, au travers d’expositions originales qui mèneront le visiteur sur les sentiers lumineux du carnaval de Bahia au Brésil, les scènes revigorantes d’Armorique, ou les planches endiablées du Moulin Rouge. Rencontre avec un artiste hors du commun.
Objectif Une (O.U.): Pouvez-vous nous parler de la spécificité de votre travail ?
Michel Costiou (M.C.) : Depuis des années, je travaille sur le corps et le mouvement. J’ai beaucoup créé sur la danse (Celtigraphies pour la Bretagne sur une improvisation poétique de Pierre Jakez Helias), le cirque, l’opéra, le sport. A la base, c’est un travail graphique au pinceau et à l’encre de Chine. C’est une démarche très proche de la calligraphie, même si je regarde toujours le sujet en mouvement et que je le dessine sur l’instant. S’il m’est parfois difficile de m’installer à l’opéra avec palette et chevalet, je peux tout à fait travailler en atelier d’après des vidéos. Je me mets dans la pénombre et je laisse couler les images. C’est ainsi que j’ai réalisé mes toiles sur le Moulin Rouge. Il m’arrive également de peindre dans l’obscurité totale ou de pratiquer l’écriture automatique. Avec la vitesse, l’artiste s’oriente vers l’abstraction, alors que, selon moi, la lenteur encourage la figuration. J’essaye toujours d’être au cœur de l’événement dans une situation d’urgence. Ce qui m’intéresse, c’est de voir et d’interpréter ce qui se passe, un peu à la manière d’un « dessinateur-reporter ».
O.U. : Après Paris, pourquoi avez-vous décidé d’ouvrir un nouveau lieu de création à Concarneau ?
M.C. : Concarneau, c’est le désir d’avoir un lieu personnel et personnalisé. J’aime bien cette ville baignée par la mer et la lumière. J’y ai rencontré une population intéressante qui m’a permis d’organiser pendant plus de 18 ans des stages d’été sur des thèmes très particuliers. L’idée était de créer un endroit d’exposition et de rencontres. En été, il y aura une ou deux expositions où je présenterai de manière événementielle et quelque peu sophistiquée le travail que j’ai effectué ailleurs durant l’année. En hiver, nous organiserons un certain nombre de rendez-vous culturels comme des soirées cabaret avec des chanteurs ou des conférenciers. Enfin, nous mettrons en place une sorte de comptoir des dessins qui servira de dépôt permanent pour tous ceux qui veulent se procurer mes œuvres, que je sois présent ou non. C’est ainsi que l’on pourra retrouver des dessins en provenance de mes différents univers, avec bien sûr une place de choix pour la Bretagne.
O.U. : Pouvez-vous nous en dire plus sur la sortie de vos deux premiers recueils de dessins aux éditions iDLivre ?
M.C. : Je cherchais un éditeur depuis longtemps. J’ai rencontré Florence de Martino qui aimait manifestement mon travail. Après lui avoir envoyé un CD contenant la sélection de plus de 2000 dessins, nous avons décidé de nous revoir. Devant le nombre élevé d’œuvres, elle m’a proposé de créer une collection intitulée « La vie en mouvement ». Nous allons sortir les albums deux par deux. Les premiers s’attachent à la danse et au cirque. Les prochains seront consacrés au music-hall au cabaret et au sport. En début d’été, nous publierons Musiques et danses celtiques car je voudrais que cela corresponde à l’inauguration de mon espace de création à Concarneau. Je présenterai également Paris en lien direct, avec des endroits emblématiques comme le Moulin Rouge. Opéra et Brésil sortiront normalement à la rentrée 2007, jusqu‘à ce que nous arrivions à 12 albums.
O.U. : Comment s’est déroulée votre collaboration avec le faïencier de Quimper HB-Henriot ?
M.C. : J’avais déjà travaillé pour les faïenceries HB-Henriot dans les années 90. Avec ce nouveau modèle, nous lançons la collection de l’année qui se décline désormais en couleur, noir, gris et argent. Dans le même temps, je viens également de réaliser une soixantaine de pièces uniques. C’est très intéressant, dans la mesure où les ateliers me sont totalement ouverts et que je peux y concevoir librement mes créations. Je présenterai à Concarneau, toujours dans la gamme Henriot, un certain nombre de pièces uniques et originales qui s’apparentent plutôt à des sculptures. Elles serviront de support à mes différentes expositions thématiques.
Propos recueillis par David RAYNAL
La Danse et Le Cirque Editions iDlivre 25 € 136 pages, 60 dessins originaux
COSTIOU 28 rue des Grands Champs – 75020 Paris Tél (33) 01 44 93 72 60 – Télécopie (33) 01 44 93 90 60
costiou.michel@wanadoo.fr
Site de Michel Costiou
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